[ Tribune de France Jamet ] Affaire Gamestop : un Scandale Financier dans L’air du temps.

Gamestop est une entreprise de vente au détail de jeux vidéo. Il y a quelques jours, sa capitalisation boursière s’élevait à 250 millions de dollars. Cependant, la profonde restructuration que connaît le secteur et la pandémie actuelle ont sévèrement entamé les perspectives de croissance de l’entreprise. Face à cet état de fait, de grands fonds d’investissement misent sur la baisse du cours de l’action, pratiquant ce qu’on appelle la vente à découvert.

Le principe est simple : vous empruntez une action que vous vendez au cours du marché, mais cette action, vous ne la possédez précisément pas. Il vous faudra donc la rendre. Si, entre le moment où vous l’empruntez pour la vendre et le moment où vous la rendez, le prix baisse, vous empochez la différence. Dans le cas contraire, vous payez.

Gamestop a été l’une des entreprises victimes de ce procédé de vente à découvert, aussi appelée « short ». Melvin Capital, fonds d’investissement ayant pignon sur rue à Wall Street, était particulièrement positionné en « short » sur l’action Gamestop. Ce qui ne devait être qu’une simple opération boursière quotidienne a cependant très vite tourné – pour eux – au cauchemar.

Sur Internet commence alors un mouvement de grande ampleur chez les amateurs de jeux vidéo désireux de sauver la marque. La machine s’emballe, ils sont des millions à faire des placements, parfois jusqu’à des dizaines de milliers de dollars. L’action s’envole et augmente de 1 600%. Conséquence immédiate d’un tel mouvement, les vendeurs à découvert – qui, rappelons-le, misent sur la baisse de l’action – se retrouvent les reins cassés et accusent des milliards de pertes. C’est ainsi que le fonds Melvin Capital comptabilise 5 milliards de perte avant d’être contraint de clôturer sa position vendeuse, et de s’endetter de 2,5 milliards afin d’éviter la faillite pure et simple. Sa cote chute de 53%. Pour couvrir les pertes, on en arrive à vendre les bijoux de famille : Apple a vu son cours chuter de 5%, Microsoft, Tesla et d’autres, tombent aussi.

Ce que l’observateur retient de cette affaire, c’est qu’une communauté bien organisée de quelques millions de personnes peut déclencher un cataclysme boursier, avec beaucoup plus de facilité que l’on ne pourrait le croire. Cela en dit long sur la profonde vulnérabilité des marchés financiers et des entreprises françaises… Qu’est-ce qui empêcherait en effet, dans le marché tel qu’il est actuellement (dé)régulé, des puissances hostiles – ou même des agents terroristes – de mener des raids financiers sur certaines entreprises françaises stratégiques pour en prendre le contrôle ?

Les plateformes de trading utilisées par les membres de la communauté Redit permettent, avec un contrôle minime, de se positionner sur n’importe quel marché, sur n’importe quel actif, partout dans le monde. Ce qui se voulait être un outil pratique pour faciliter l’accès à la bourse des particuliers pourrait aujourd’hui se transformer en arme financière massive, et marquerait ainsi l’avènement final du dogme de la liberté de mouvement du capital totalement affranchi des frontières et des États.

Le rôle de ces plateformes d’opérateurs de marché (trading) pose par ailleurs des problèmes similaires à ceux évoqués aujourd’hui lorsque l’on parle des capacités de censure des réseaux sociaux. En effet, face à la panique, la plateforme RobinHodd, utilisée par les activistes de l’opération Gamstop, a décidé unilatéralement de suspendre les échanges de l’action Gamestop sur son site, posant ainsi une question cruciale : jusqu’où va le « deux poids, deux mesures » lorsque l’on parle de marchés boursiers ? Au nom de quelle légitimité une plateforme suspend-elle arbitrairement les échanges d’un actif sur son site ?

La numérisation de la finance demande que l’on s’attaque avec sérieux à la régulation des marchés financiers dans l’optique de rendre à la bourse, comme à la banque, son véritable rôle : financer l’économie réelle et la croissance future.

[ Question Parlementaire ] Entrisme Industriel Japonais dans la Chaîne D’approvisionnement Airbus.

Question avec demande de réponse écrite  E-006981/2020
à la Commission
Article 138 du règlement intérieur
France Jamet (ID)

En cette fin d’année 2020, des groupes japonais profitent du fait que nombre de PME d’aéronautiques françaises soient sur le point d’épuiser leur trésorerie pour tenter d’intégrer la chaîne d’approvisionnement de l’avionneur Airbus.

Il s’agit d’un entrisme industriel inamical qui aura des conséquences fâcheuses, non seulement sur le groupe Airbus, mais aussi sur nombre de sous-traitants français, qui peuvent ainsi être écartés des commandes dans un avenir plus ou moins proche, alors qu’ils sont déjà confrontés à de grandes difficultés.

Airbus, qui a le statut juridique d’une société européenne, est un acteur économique et stratégique incontournable du continent européen. De ce fait, la Commission envisage-t-elle d’adopter des mesures stratégiques afin de protéger l’identité française et européenne d’Airbus ainsi que de sa chaîne d’approvisionnement?

[ Question Parlementaire ] Hégémonie de L’anglais dans les Institutions Européennes.

Question avec demande de réponse écrite  E-006982/2020
à la Commission
Article 138 du règlement intérieur
France Jamet (ID)

Le 19 octobre 2020 est parue au Journal officiel de l’Union européenne la note d’orientation n°2020/1514 de la Banque centrale européenne dont l’article 5 est ainsi rédigé: «il est d’usage courant que la documentation juridique concernant des opérations de réserve de change soit rédigée en anglais et il convient que l’anglais devienne la langue par défaut des conventions-cadres de compensation pour toutes les contreparties […]».

Si les opérations de réserve de change ne concernent qu’une part certes limitée des activités de la banque européenne, il n’en reste pas moins que l’Europe officialise ainsi un nivellement linguistique progressif au profit de l’anglais. On remarquera d’ailleurs que les textes européens sont de moins en moins ou de plus en plus tardivement traduits, que les interprètes sont moins disponibles lors des débats, et que l’UE semble ne plus reconnaître le français comme une ses langues officielles.

La Commission compte-elle faire respecter la devise de l’UE «Unie dans la diversité» et enfin mettre un terme à une attitude qui laisse l’anglais s’emparer de façon hégémonique du fonctionnement des institutions européennes?

[ Questions Parlementaires ] Prise en charge des Licences de pêche Britanniques pour les Pêcheurs Européens.

Question avec demande de réponse écrite  E-006920/2020
à la Commission
Article 138 du règlement intérieur
France Jamet (ID)

Dans l’hypothèse probable d’un no deal entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, un système de licences privées délivrées par le gouvernement britannique et achetées par les pêcheurs des pays de l’UE désireux de continuer à fréquenter les eaux britanniques sera mis en place. Ces pêcheurs resteront toutefois soumis au droit de l’Union par le biais d’un placet délivré par l’UE veillant à la conformité de cette licence britannique avec les règles de la politique commune de la pêche.

Un tel procédé ajoute des contraintes administratives aux pêcheurs déjà extrêmement préoccupés par le prix que leur coûteront les licences. Si celui-ci est encore tenu secret, l’idée d’un certain pourcentage sur le total des captures est avancée. Jusqu’à présent, les pêcheurs français réalisaient 30 % de leurs prises dans les eaux britanniques, et même 90 % pour les chalutiers des Hauts-de-France. Le choix de se passer de visite dans les eaux britanniques est d’autant plus impossible que beaucoup d’autres pêcheurs européens vont désormais réaliser des captures dans les eaux françaises, faute d’alternative.

Au regard de ces difficultés éminemment graves et urgentes pour les pêcheurs exerçant leurs activités dans les zones concernées, la Commission estime-t-elle que le coût des licences de pêche britanniques doit être pris en charge par des financements européens?